Avant mon voyage, j’avais en tête de voyager en Amérique par la Panaméricaine, démarrant ainsi de l’Alaska pour rallier Ushuaïa par voie terrestre… Ushuaïa, « fin del mundo », me semblait approprié pour la fin de mon périple !  Enfin, petite anecdote quand même, à chaque fois que je parlais d’Ushuaïa avec des voyageurs non-Francophones, j’avais cette réaction : « Ushuaïa ? Where is that ? Never heard about… » Bref, il faut croire que Nicolas Hulot a eu un certain impact sur nous,  (ou alors le gel douche :), car nombreux sont les Français que j’ai rencontrés qui avaient Ushuaïa comme destination !

Mais voilà, cette idée d’Ushuaïa, c’était avant. Petit récap de ce qui s’est passé réellement :

Après presque 11 mois en Asie, je suis passée de l’autre côté du Pacifique, pour arriver à Vancouver. 3 semaines au Canada, puis ensuite passage aux USA. Je passe l’étape avec Michele l’Italien, mais le fait est que je suis restée plus de 2 mois aux States. Ensuite, toujours en tête le bout du monde, je décide de prendre un avion pour le Mexique histoire de gagner un peu de temps. Le Mexique, où je reste 1 moises ne visite que 4 endroits, puis ensuite direction le Guatemala. Là, entre volcans, retraite de Yoga et cours d’Espagnol, je reste 1,5 mois, toujours en prenant mon temps…

Un jour, je me rends compte que la distance qui me sépare de mon « but » est énorme : traverser l’Amérique Centrale + l’Amérique du Sud par voie terrestre, comme je l’ai fait en Asie, en 6 mois, n’est clairement pas possible. De plus, ce n’est pas la meilleure saison pour voyager en Amérique Centrale, et comme il faut prendre une décision, je décide de revenir au Mexique et voler pour la Colombie (vols beaucoup moins chers !). Je reviendrai bien un jour en Amérique Centrale… A ce moment là, dans ma tête, je pense « Ok, il te reste 6 mois de voyage, 1 mois par pays comme en Asie, tu arrives à Ushuaïa en Mars, nickel »… Après, pour mettre les choses au clair, c’était ce que j’avais en tête initialement, mais ce n’était pas non plus une obsession. J’ai continuer de voyager comme je l’ai toujours fait, en prenons mon temps, sans courir ! Finalement, c’est 2,5 mois que je resterai en Colombie, autant dire que là c’est cuit ! Après tout, je n’ai pas couru de tout mon voyage, je ne vais pas commencer maintenant…

Du coup, j’avance tranquille, Équateur, Pérou… Et au Pérou, lors du trek du Salkantay, j’ai rencontré une Australienne avec qui nous nous sommes bien entendue dès le départ. Après le Salkantay,  nous avons naturellement fait d’autres treks en autonomie, puis avons continué à voyager ensemble. Mais sur la fin, lorsqu’il faut commencer à penser au retour, je me rends compte que quoique je décide, il faudra que je prenne mon vol de retour depuis Lima si je ne veux pas le payer un bras. Et bien sur, pour rester libre jusqu’au bout, je n’ai pas l’intention de prendre mon vol en avance… C’est le prix de la liberté, et je suis prête à le payer ! (mais autant le faire de là où c’est le moins cher !).  En clair, même si je décide de visiter la Bolivie, il faudra que je revienne… Et qui dit Bolivie, dit Salar d’Uyuni ! Même si ma bucketlist des choses à voir n’était pas très grande, il en faisait partie, et de là où je suis, Arequipa, il serait aisé de passer en Bolivie. Du coup, ben c’est parti pour Tupiza, oui je sais, ce n’est pas Uyuni, mais comme je m’inspire des conseils des voyageurs, j’ai rencontré à Huaraz une Canadienne qui m’a fortement recommandé de faire le tour depuis Tupiza afin de profiter du Sud Lipez…

Ayant fait part de mon idée à ma collègue de voyage, elle me dit vouloir rester à Arequipa pour prendre des cours d’Espagnol, et que si toutefois je vais en Bolivie et reviens au Pérou ensuite, elle serait ravie de continuer un bout de route avec moi jusqu’à Lima… Mouais, c’est bien gentil tout ça, mais la planification c’est pas mon truc, encore moins planifier des retrouvailles… Bref, je vais en Bolivie, je reviendrai à Lima, mais je ne peux pas en dire plus… On verra !

Et c’est comme ça que je me retrouve dans un bus pour la Bolivie !

28/2 Stop à Copacabana

Copacabana, le lac TIticaca, ça fait rêver… Mais voilà, lorsque j’y arrive en fin de matinée, le temps est vraiment gris, et ne me fait pas envie, surtout après les pluies et la grisaille de ces derniers jours à Arequipa. Là, Isla de la Luna ou del Sol m’attirent beaucoup moins… Du coup, changement de programme, je décide de prolonger jusqu’à La Paz, et là de prendre directement un bus de nuit pour Sucre.. Une rapide pause déjeuner et je ressaute dans un bus pour La Paz. Oui, je sais pas pourquoi, mais des fois il m’arrive d’enchaîner les transports comme ça lorsque j’ai une idée en tête… En témoigne mes 50h de transport de Wat Tam Hua à Yangoon, ou encore mes presque 40 heures de Vilcabamba à Lima car j’avais en tête de rallier Huaraz… Une rapide pause déjeuner et je ressaute dans un bus pour La Paz.

Arrivée à La Paz, à El Alto plus précisément, notre chauffeur nous annonce que le terminal de bus central est fermé et nous demande de descendre là : aujourd’hui, c’est carnaval. Mince, du coup c’est raté pour enchaîner avec un bus pour Sucre… Mais là, 2 Boliviennes nous informent qu’il ne faut absolument pas que l’on descende ici. Ce quartier, El Alto est réputé très dangereux pour les touristes. Du coup, l’union faisant la force, nous convainquons le chauffeur de nous descendre au terminal du centre… Même si celui-ci est fermé, un arrêt devant nous laissera plus en sécurité qu’ici, où il est connu de tous que les taxis sont de mèches avec des voleurs pour dépouiller les touristes. Finalement, ces 2 Boliviennes super sympa nous aident avec d’autres voyageurs, car aucun d’entre nous n’a prévu de rester et donc pas d’idée d’où dormir. Elles se séparent, et 1 va avec les gens qui veulent un hôtel plus standard, et l’autre vient avec moi et une Anglaise, en taxi à Loki Hostel. Comme on dit, c’est plus un party hostel, mais bon, ça va aller pour une nuit. Voilà comment je me suis retrouvée à La Paz, ville où je n’avais pas envie  de m’arrêter maintenant, ayant plus en tête de m’y arrêter et d’en profiter sur le chemin du retour…

1/3 La Paz, énorme découverte culturelle

Puisque je suis là, autant en profiter… Du coup, après un délicieux petit-déjeuner (l’avantage de ces party hostel, vrai petit déjeuner Anglais), direction la gare routière pour mon bus de ce soir et ensuite, ce sera le free walking tour. Histoire d’optimiser au mieux mon temps dans cette ville, qui me semble plutôt sympathique…

Durant ce tour, nous passons par le célèbre Mercado de las Brujas, autrement dit le marché des sorcières…  Ici, les personnes qui ne sont ni sorcière ni fille de sorcière ne peuvent y tenir une boutique. Autrement dit, chaque vendeuse est une sorcière (ou descendante directe) ! Et comment devient-on sorcière me direz-vous ? Et bien en se faisant frapper par la foudre ! Selon notre guide, chaque sorcière est à même de nous montrer la cicatrice de l’impact de la foudre sur elle… Autre particularité de ce marché, beaucoup de llamas ou fœtus de llamas (mort bien entendu) son accrochés au plafond. Selon une croyance ancestrale, enterrer un fœtus de llama à l’endroit où l’on va construire une maison la protégera, et d’autre part, brûler un fœtus de llama avec des feuilles de coca nous apporterait chance dans la vie… La bonne nouvelle est qu’il ne tuerait pas une mère llama pour avoir son fœtus, ceux-ci proviendrait de mort naturelle de la mère…

Notre guide, très passionné par ce qu’il fait, en profite pour nous donner énormément d’information sur l’histoire du pays, ainsi que sur la situation politique. Ainsi, il a ouvertement dénigré le président actuel, en pleine rue ! Il faut dire, que ce président modifie les lois afin de rester au pouvoir. Pour ceux que ça intéresse, voici comment, sinon n’hésitez pas à passer ces quelques lignes en italiques 😉

Evo Morales, élu démocratiquement en 2005 met en place une loi en 2009 visant à interdire la succession de mandat présidentielle au delà de 2. Hors, celui-ci en 2014 se représente pour un 3ème mandat, invoquant le fait que son 1er mandat ne compte pas, étant donné que la constitution a été écrite en 2009, soit après son 1er mandat… Il est réélu par le peuple en 2014, mais en en 2016, comme il souhaite se faire réélire pour un 4è mandat, celui-ci demande un référendum pour supprimer cet article de la constitution… Le peuple dit « Non », lui interdisant normalement de se présenter aux prochaine élections de 2019. Mais ayant la majorité des chambres, en Décembre 2017, le tribunal décide de supprimé la loi concernant la limitation de mandat présidentiel… EM, ou comment un président de démocratie s’impose à son peuple… N’y a-t-il pas un autre nom pour ça ? Bref, toutes ces explications en pleine rue, à 2 pas de la Casa Grande del Pueblo, nouveau palais présidentielle (là aussi projet très controversé qui a couté 33M $) et de l’administration publique…

La 1ère chose qu’il nous a dit, nous sommes en démocratie je peux dire ce que je veux, mais ce sera surtout sa 2ème explication qui nous convaincra, il parlait Anglais et peu de Bolivien parlent Anglais… Lui même nous a avoué que c’est pour ça qu’il se le permettait.

Nous apprendrons aussi pourquoi la Bolivie a 2 capitales : Sucre, l’officielle qui est la capitale constitutionnelle, et La Paz qui n’est que la capitale administrative du pays (siège du gouvernement). Un pays qui a 2 capitales, mais aussi 2 drapeaux officiels ! Le Vert jaune rouge horizontal, mais aussi la Wiphala, qui s’inspire du drapeau que l’on voit partout en Amérique du Sud. Vous savez, celui qui ressemble aux couleurs de la Gay Pride, mais la Wiphala a 7 couleurs, contre 6 pour le LGBT.

La façade du palais du gouvernement, avec à gauche le Wiphala, au milieu le drapeau Bolivien classique.

Chaque couleur a une signification, ainsi :

Le rouge pour la planète terre (la pacha), l’Orange pour la société et la culture, le jaune l’énergie et la force ch’ama-pacha, le blanc le temps (jaya-pacha), le vert les ressources naturelles, le bleu le ciel, le violet la politique et idéologie Andine.

S’en suit visite du marché, où j’apprendrai que la Bolivie est le 1er pays au monde à avoir interdit Monsanto sur son territoire. Ce qui explique, selon notre guide pourquoi au marché, les fruits et les légumes ont de formes un peu biscornue… Notre guide nous informe aussi sur la manière de faire ses courses au marché en Bolivie (à savoir qu’il n’y a pas de supermarché ici, j’ai d’ailleurs trouvé du bon pain acheté comme ça sur le trottoir). Si comme moi, lors de vos balades, vous achetez des mangues par ci, des lulo par là et encore des autres granadillas ailleurs, ceci ne sera pas très bien vu. En effet, ici chaque famille achète toujours au même vendeur, c’est une relation qui dure.. Et d’autre part, ne jamais négocier au marché, cela offenserait le vendeur, qui l’interpréterait comme le fait que ses produits ne valent pas le prix qu’il en demande, et se sentirait dons offensé. Si j’avais su ça plutôt, cela m’aurait peut-être éviter des regards au marché de Cusco entre autre.

Enfin, la visite se termine devant la prison San Pedro. Une prison unique au monde. En effet, il s’agit d’une prison auto-gérée. A l’intérieur, une véritable société autonome. Les prisonniers élisent un maire tous les , ils habitent avec leur famille, car dans ces pays, si le chef de famille est emprisonné, il n’y a plus personne à la maison pour rapporter de l’argent, et du coup les familles sont sans ressources. Du coup, tout le monde vit dans la prison, y travaille, souvent à confectionner des petit souvenirs que les mères ou les enfants sortent pour vendre dans les rues de la capitale. En revanche, attention, si l’on vous propose de visiter la prison, comme il s’est fait quelques fois, à vos risques et périls. D’abord, les prisonniers pourraient se rebeller, ce ne sont pas des animaux et vous ne visiter pas une prison comme un zoo, mais aussi, les derniers touristes qui l’ont tenté y ont passé une semaine. Au moment de sortir, le garde à l’entrée (seul force de l’ordre en faction, sachant qu’ils n’y rentrent pas) n’a pas voulu les laisser sortir, car ils n’avaient pas leu passeport sur eux, et du coup pas moyen de prouver qu’ils n’étaient pas des prisonniers. Sympa le voyage, au moins en une semaine, ils ont eu le temps de s’imprégner de l’ambiance…

Milieu d’AM, en fin de tour, je me pause un peu et cherche quelques infos pour la descente de la route de la mort en VTT, que je pourrais avoir envie de faire à mon retour à La Paz, mais quand je vois les prix… Ça me rebute un peu, on verra ça plus tard. Pour l’heure, il es temps d’aller préparer mes affaires et de me rendre à la gare routière !

8/3 Retour à La Paz

Arrivée de bon matin à La Paz après 4 jours entre Sud Lipez et Uyuni et une nuit de bus, je décide de repartir pour la soir même au Pérou. Trouvant les activité qui m’interessent un peu cher (ascension Huayna Potosi et descente route de la mort en VTT). Je pose donc mon sac pour la journée dans les lockers de Loki hostel, et passerai ma journée à arpenter les rues de La Paz, à la recherche de souvenir artisanale… Le soir, bus pour Arequipa 🙂

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