Arrivée en début d’AM par bateau depuis la petite ville de Chau Doc dans le delta du Mékong, ma 1ère étape Cambodgienne se fera à la capitale : Phnom Penh

1ère impression, plutôt bonne. Ici le sourire des Cambodgiens me semble plus sincère que celui des Vietnamiens, mais bien sûr, cela n’engage que moi… 😉

Je décide de marché jusqu’à mon hostel, presque 3 km sous un soleil de plomb avec une chaleur terrible ! A peine arrivée, je retrouve Patrick, un Allemand rencontré à Nanning. Me voyant en dégoulinante de sueur, il me tend directement sa bière, ça fait du bien !

Après m’être désaltérer, check-in : dortoir plutôt sympa à Lovely Jubbly Villa, et l’hostel dispose également d’une piscine.

La nuit tombant très vite en Asie, je ne sortirai de l’hostel que pour retirer un peu d’argent et faire un tour au marché central pour acheter des fruits. L’atmosphère des marchés locaux est selon moi la meilleure manière d’appréhender un nouvel endroit. Je me rends vite compte qu’ici l’atmosphère est plus amicale, contrairement au Vietnam où l’on nous demande 3 fois voir plus, que les locaux. Pour preuve, je suis sorti avec 500g de Jackfruit, pour 4x moins cher que j’ai payé 200g à Saigon… No comment and welcome to Cambodia !

Le lendemain, nous partageons un tuk-tuk avec Patrick et Sid, un Indien, pour nous une visite des endroits à voir à Phnom Penh.

Avant de décrire la suite, il me semble important de faire une petite parenthèse d’histoire sur le Cambodge :

Il ne s’agit là que des informations que j’ai retenues et ne peuvent en aucuns cas servir de référence.


 

En 1975, les Khmers rouges investissent la capitale du Cambodge et s’emparent du pouvoir. Soutenus par le peuple, las des bombardements Américains, les Cambodgiens y voient là la fin des bombardements et le retour à la paix. Dès leur prise de pouvoir de la capitale, ceux-ci ordonnent l’évacuation totale et immédiate de la ville, sous prétexte de bombardement Américains imminent.

C’est alors que environ 2,5 millions de personnes sont forcées de se rendre dans les campagnes. Tout le monde est évacué, hopitaux y compris. Cet exode coûtera la vie à plusieurs dizaines de milliers de Cambodgiens, enfants en bas âge, personnes âgées et malades essentiellement. Cette manœuvre ayant pour but d’éviter toute résistance au pouvoir.

Par la suite, s’installe une période de «purge » : Toute la famille d’une personne pouvant être considéré comme une menace pour le gouvernement (intellectuel, professions libérale, sympathisant Américains, ou simplement le fait de porter des lunettes…..) est alors déportée vers les camps de travail ou la prison S-21. Les Khmers rouge veulent « éradiquer le problème par les raçines, raison pour laquelle ils déportent la famille complète.

Bref, toute cette période n’étant pas très vieille, il est très simple de comprendre que toute personne croisée dans la rue âgée de plus de 40 ans a vécu tout ça, et cela ne l’empêchera pas de vous présenter son plus beau sourire !

Fin de la parenthèse historique


 

Le 1er stop : Choeung Ek , connu sous le nom de Killing Fields

Difficile de dire ce que l’on ressent lorsque l’on visite un endroit pareil. Cet endroit est le lieu où les Khmers Rouges emmenaient leurs prisonniers depuis la prison S-21 (que je visiterai plus tard) pour y être exécutés. Je sais, pas très joyeux, mais malheureusement cela fait partie de l’histoire du pays.

Les prisonniers arrivaient les yeux bandés par camion de S-21. Leurs nombres étant trop nombreux pour être exécuté en une seule journée, ceux-ci étaient « rangés » dans un hangar sans eau, les yeux toujours bandés en attendant leur tour.

On y a trouvé 129 fosses communes contenant des ossements provenant de 8985 personnes, le nombre de victimes de ce camp d’extermination étant estimé à environ 17 000 personnes, hommes, femmes, enfants, nourrissons…. Tous y étaient tués de manière plutôt cruelle : les bourreaux achevant à coup de crosses leurs victimes pour économiser les balles, ou les recouvraient la fosse sans se soucier s’il y avait encore des vivants.

Un guide que j’ai entendu dans la visite, expliquait qu’il y avait 2 types de bourreaux : Ceux issus de la ville, un peu plus civilisés, et les autres recrutés dans les campagnes ou encore de la jungle. Ces derniers n’ayant reçu que très peu, voir pas d’éducation, tuaient par plaisir. Des mots du guide : « No rules, like a game. They always needed to kill more and more to satisfy themselves ! »

De toute cette barbarie, 2 choses m’ont énormément marquées :

  • La  manières de tuer les enfants. Il y avait 2 manières, la 1ère, les tenir par les pieds et leur frapper la tête contre un arbre (toujours le même), et la seconde, les jeter en l’air pour qu’ils retombent sur un pic.
  • Les ossements continuent de ressortir de terre. Entre les pas des touristes et les pluies, de nouveaux ossements refont surface quotidiennement. En y prêtant plus attention après avoir entendu un guide en parler, j’ai vu sur le chemin de la visite, là où marchent tous les touristes, os et dents dépassant à peine du sol.

Au milieu de cet endroit, une stupa se dresse en mémoire aux victimes, où sont exposés les crânes, ossements et vêtements des victimes sur plusieurs étages.

Ce camp a été découvert par hasard en 1979, par un paysan retournant chez lui à la chute du régime. Celui-ci ayant tout d’abord remarqué un arbre avec des traces de sang, morceau de cervelle et cheveux sur l’écorce (the killing tree), avant de découvrir une fosse contenant des centaines de corps.

 

2ème stop : Russian market

Un peu plus gai que la première visite, je dois avouer qu’il n’y avait là rien d’extraordinaire. Il s’agit d’un marché couvert, où l’on y trouve de tout, essentiellement des objets « artisanaux », des tissus, principalement de la soie, des bijoux, en ainsi que des pièces mécaniques, de plomberie…. Et quelques stands pour manger, si on n’est pas regardant que sur les conditions…

 

3ème stop : Tuol Sleng ou musée du crime génocidaire

Communément appeler Prison S-21, c’est ici qu’étaient interrogés et torturés les supposés opposants au gouvernement. Plusieurs bâtiments composent la prison :

  • Le bâtiment A, celui des interrogatoires (comprenez des tortures). On y voit de grandes pièces avec un lit métallique au centre, qui était relié au courant électrique, ainsi que souvent la photographie d’un occupant, le plus souvent attaché au lit ou effondré par terre.
  • Le bâtiment B, dans lequel se trouvent les photos d’anciens détenus. Les Khmers effectuaient un archivage très précis. Ainsi, chaque prisonnier était photographié à son arrivé à S-21, et avant son exécution. On trouve également dans ce bâtiment les témoignages des 7 uniques prisonniers ayant été retrouvés vivants. L’unique raison pour laquelle ces personnes ont survécu, est qu’elles avaient des connaissances particulières et ont acceptés d’en faire bénéficier les Khmers rouges (de mémoire un peintre, un réparateur de machine à écrire…) Enfin, volonté de prouvé la réconciliation national, on y lit aussi des témoignages d’employés de la prison, tortionnaires…. No comment !
  • Le bâtiment C, celui des cellules. On y trouve de minuscules cellules individuelles en bois ou en brique. La dimension de visu ne dépasse pas 2m2.
  • Le bâtiment D, qui contenait autrefois des cellules, est transformé aujourd’hui en exposition de peintures diverses, évoquant des scènes de Killing Fields ou de S-21.

 

4ème stop : Le palais Royal

La journée étant bien avancée, nous le verrons que de l’extérieur, celui-ci étant fermé au visite à cette heure. Magnifique bâtiment, d’une architecture impressionnante !

 

De retour à l’auberge, nous décidons de sortir pour goûter un peu à la cuisine Khmer. Le restaurant que j’ai repéré se trouve à 700m de l’auberge, nous nous y rendons à pied…. Sauf que, je me suis fait arracher en chemin ma pochette par 2 gars en scooter. Voilà, ne jamais relâcher sa vigilence, même si l’on se sent bien dans un endroit… Bilan, envolé ma CB et 50$, ainsi que mon ticket de bus pour la destination suivante.

Résultat, on rentre dans le 1er resto afin de profiter du wi-fi pour faire opposition à ma CB, et me retrouvant sans argent, mon ami l’Allemand m’invitera (même si c’était à mon tour de payer)…

Bref, on rentrera ensuite à l’auberge et passera quand même une bonne soirée avec Sean, un voyageur de Taiwan.

Dure journée !

 

Le lendemain, du coup la 1ère chose que je ferai sera d’aller déposer plainte au commissariat. Sean, avec qui on avait passé la soirée de la veille proposera de m’accompagner. J’accepte volontiers.

Le bureau de police ? Comment dire…. Ben, un bureau qui ressemble plus à un bistrot de nos campagnes, mais au moins un policier parle Anglais. Pas de prise de déposition sur machine à écrire ici, ce sera à moi d’écrire ce qui m’est arrivé, copie, tampon, au-revoir monsieur !

De retour à l’auberge, l’après-midi ce sera balade en ville et le long du Mékong, arrêt fruit au marché puis retour à l’hostel. Encore une bonne soirée partagée avec d’autre voyageurs !

Demain départ pour Kep

 

NB : Pour ceux qui trouveront mes descriptions un peu dures, ou se disent « Comment peut-on visiter des endroits pareil ? », voici  mon opinion :

Je pense qu’il est important de ne pas oublier ce dont l’être humain est capable, qu’il est important de se souvenir… afin de ne pas répéter l’histoire !

Mais même si je considère ces événements important, je n’ai pas eu le cœur de prendre des photos à S-21 et Killing Fields. C’est important de savoir ou de se souvenir, mais je ne pense pas que immortaliser ces moments et partager les images soient un bonne chose. Encore une fois, ce n’est que ma propre opinion. J’espère que vous ne m’en voudrai pas…

Vous trouverez donc ci-dessous les quelques clichés que j’ai pris à Phom Penh :

 

 

 

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