« Le trek du Salkantay ? Quézako ? » me direz-vous.

Eh bien, disons pour commencer qu’il est raisonnable de dire que 99 % des personnes qui voyagent au Pérou viennent pour le célèbre Machu Picchu. Mais pour s’y rendre, plusieurs solutions : le train (très cher),  les treks ou la version de plus en plus courante : bus + marche le long des rails. Ceux qui me connaissent se doutent bien que là où il y a moyen de faire un trek, impossible pour moi de prendre un moyen de transport… Pourquoi se faire transporter lorsque l’on peut marcher dans de magnifiques paysages, loin de toute civilisation ?

Le Salkantay donc, qui commence à devenir un peu couru aujourd’hui en tant qu’alternative au fameux Inca Trail, faisait partie des choses que je voulais faire, ma « bucketlist » comme on dit. Elle n’était pas très longue, mais le Salkantay était dessus. Il n’était pas question pour moi d’aller au Machu Picchu en train ou en bus ! De plus, le Salkantay présente 2 avantages : d’abord il n’a pas besoin d’être réservé 6 mois en avance, et ensuite, il est beaucoup moins cher que son grand frère, et ça, c’est pas négligeable ! (Et pour les tous petits budgets, il peut également être effectué sans guide, donc à moindre coût). Pour ma part, j’ai pris l’option guide. D’abord car je n’ai encore jamais effectué de trek en autonomie à ces altitudes, et aussi car j’avais envie de partager l’expérience et avoir des informations sur les cultures Inca et Quechua… Et bien m’en a pris, j’ai été comblée !

21/1 J1 : Mise en jambe et découverte de la laguna Humantay Cocha (Cusco – Challacancha – Soraypampa)

Le réveil pique un peu ce matin. Le pick-up est annoncé à 4h du matin à mon hostel, ( vous imaginez à quelle heure je me suis levée…) Finalement le guide arrive avec 30mn de retard, à pied. Nous nous dirigeons ensemble sur la plaza de San Francisco où d’autres attendent. Rapide présentations et c’est parti, en mini-bus direction Mollepata pour le petit déjeuner, soit environ 2h30 de bus pour 100km. On essaie de faire timidement connaissance dans le bus, mais surtout, on fini sa nuit…

A l’arrêt petit-déjeuner, nous faisons un peu plus connaissance. Nous sommes au total 13 + le guide. 2 Allemandes, un couple d’Autrichien, un Français, un Argentin, un Mexicain, 3 Australiens, un Espagnol et un Indien, + moi bien sur. Bref, un groupe assez cosmopolite !

Après le petit déjeuner, arrive le tri des affaires. Nous avons droit à chacun à 5kg portés par des mules. Pour moi qui voyage toujours léger, pas de soucis, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Et quand ça dépasse, c’est à eux de porter le surpoids ! Perso, je n’ai laissé aux mules que ma réserve d’eau pour les jours suivants (3l quand même !) et mon sac de couchage. Le reste, c’est ce dont j’ai besoin, et forcément je le porte.

On reprend ensuite le bus pour une petite demi-heure, et ensuite commence la marche. La météo n’est pas au grand beau, mais au moins nous n’avons pas trop chaud. Notre guide, Nestor fait pas mal de pauses, histoire de permettre à tout le monde de suivre, mais dans l’ensemble le groupe est assez homogène. Il nous donne aussi beaucoup d’information sur les Incas, dont une présentation de leur système de communication. « L’Inca phone » comme il nous dit. Un système de cordelette avec différentes couleurs et nœuds, que des messagers convoient de village en village en courant. Ces messagers n’avaient avec eux que le Chaski, me fameux message et le Pututu, corne qu’ils utilisaient pour annoncer leur arrivée dans un village, signe que le coureur suivant devait se tenir prêt. On dit que ce système permettait de parcourir pas loin de 2500km en 5 jours, les coureurs se relayant 24h/24… Nos coureurs de l’UTMB n’ont qu’à bien se tenir !

Nous arrivons pour le déjeuner à Soraypampa, où l’équipe de cuistot nous a préparé un bon repas, et pour digérer, l’AM c’est une petite rando pour aller voir la laguna Humantay Cocha. Avec les éclaircies de l’AM, c’est magnifique !! Nous profitons de la lumière et des rayons de soleil pour immortaliser l’endroit, un régal pour les yeux.

Retour à Soraypampa pour le dîner. Je partagerai ma tente avec Amber une Australienne qui voyage actuellement avec son frère et sa copine. A noter que les tentes sont dressées sous des abris, ce qui a l’avantage de pouvoir être au sec, très appréciable !

 

22/1 J2 : Passage au col du Salkantay 4630m (Sorraypampa – Salkantay pass – Chaullay)

Réveil assez matinal, aux environs de 5h30 si ma mémoire est bonne, mais en douceur. En effet, pour nous motiver à sortir de la tente, l’équipe cuistot vient réveiller chaque tente avec une thermo de Mate de Coca… Et ça, ça fait un bien fou au réveil, surtout que la température à cette heure n’est pas très élevée… Quelques minutes ensuite pour ranger nos affaires, puis petit déjeuner et montée pour le col du Salkantay. Aujourd’hui est la journée la plus longue et la plus « difficile » avec un passage à 4630m.

Le temps est encore couvert et humide ce matin, et deviendra encore plus rude, humide et froid au col du Salkantay. Cela se fait d’autant plus ressentir que nous y faisons une cérémonie en l’honneur de la Pacha Mama, qui durera bien 15mn, durant lesquelles nous ne bougeons pas, tenant chacun 2 feuilles de coca dans la main. Une fois la Pacha Mama remerciée, nous attaquons la longue descente sur Chaullay. La météo s’améliore au fur et à mesure que nous redescendons, tout comme la végétation autour de nous qui se transforme avec la baisse d’altitude. Adieu les sommets enneigés et bonjour les forêts tropicales… pour finir avec quelques bribes de soleil. Cette journée, bien que annoncée comme longue passa finalement sans encombre, avec mon point le plus haut jusqu’à ce jour… Ce soir encore, nos tentes seront dressées au sec, et une fois n’est pas coutumes, il semblerait que les équipes par tente soient fixées, en même temps, tout le monde ou presque voyage en binôme, du coup ça laisse pas trop de possibilité : Amber sera ma « tentmate » jusqu’à la fin du trek… Ou pas 😉

 

23/1 J3 : Le long de la rivière Santa Teresa (Chaullay – Playa – Santa Teresa)

Une fois n’est pas coutume, c’est encore un réveil aux alentours de 5h30, mais avec le mate de Coca, on pourrait se lever à n’importe quelle heure !! Même routine, on remballe nos affaires, petit déjeuner et c’est parti, et aujourd’hui, avec le soleil 🙂

Le parcours d’aujourd’hui est beaucoup moins physique qu’hier, et le paysage bien différent également : forêt très verte, rivière Santa Teresa en fond… Pour la 2ème partie, nous devrions marcher sur un sentier en balcon légèrement au-dessus de la Santa Teresa, mais nous sommes en saison des pluies, alors pour notre sécurité en raison de récents éboulements, nous marcherons sur la route jusqu’à la Playa. Quand je dis route, il s’agit en fait d’une piste carrossable, mais sur laquelle nous n’avons pas vu une voiture… Nous faisons un break à un point de vue, et notre guide en profite pour nous montrer une plante qui sert de colorant, et qui servait aussi pour les peintures Incas… Et bien sûr, tout le monde à droit à son maquillage ! Par la suite,nous longerons des plantations de Granadilla, un de mes fruits préférés, et ce sera l’occasion pour moi d’en admirer sa splendide fleur, flora de maracuya… Magnifique !

Pause déjeuner ensuite à la playa, avec une délicieuse salade d’avocat, production locale, puis ensuite c’est avec notre mini-bus que nous regagnons Santa Marta prendre nos quartiers avant d’aller passer l’AM aux sources chaudes de Cocalmayo. Un petit peu de détente, ça fait pas de mal, d’autant que notre guide nous a annoncé que ce soir, c’était fiesta.

De retour des sources, on se prépare un bon guacamole avec les avocats achetés le midi, puis barbacoa. Ensuite, musique et fiesta !!! Le patron des lieux s’improvise en DJ, bartender et c’est parti ! Alison, une des 2 Allemandes qui a suivi une formation de bartender à New-York nous préparera le cocktail traditionnel Péruvien : le Pisco sour, mon 1er et probablement celui qui fait que j’en suis là aujourd’hui ! On dansera jusqu’à tard, en reprenant l’énergie dans l’Inca tequila qui coule a flot… Bref, une excellente soirée, la fin en revanche sera censurée…

 

24/1 J4 : la fameuse marche le long des rails (Santa Teresa – Hidroeléctrica – Aguas Calientes)

Ce matin, le réveil fut un peu plus tardif que les autre jours, et le groupe se divise un petit peu. Il y a ceux qui ont décidé d’aller faire un petit parc aventure avec tyrolienne et autre truc à sensation qui iront en bus à Hidroeléctrica, et nous, les irrésistibles marcheurs avec Amber, Lazar et Léandro qui partons à pied jusqu’à Hidroeléctrica. La marche d’aujourd’hui n’est pas des plus agréable on pourra dire, adieu les paysages de montagne et autre, nous marchons sur une piste qui longe la rivière Urubamba, avec un soleil de plomb ! Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux après notre soirée d’hier… Mais bon, alors que notre guide nous avait annoncé 4h de marche, nous y arrivons en 2h30, finalement on n’était pas en si mauvaise forme que ça. A Hidroeléctrica du coup, nous attendons le reste de la troupe pour le déjeuner, avant de repartir le long des rails cette fois, chemin devenu célèbre puisqu’il est la seule alternative au train pour rejoindre Aguas Calientes. Pour le coup, cette fois il y a beaucoup de monde, et dans les 2 sens…

Nous y verrons bien sûr le train, mais la marche n’est pas super agréable, en cause les cailloux qui jonchent le sol. Non pas ce que ce soit pénible, mais plutôt inintéressant, mais comme on sait que demain nous attend le Machu Picchu, ben ça motive 🙂

Arrivée à Aguas Calientes, installation dans un hôtel, un vrai en dur, avec une chambre et un vrai lit : youpi !!! 1ère douche également depuis que nous sommes partis, ça fait du bien ! Nous nous baladons un peu avec Amber dans la ville, mais à part hostal, restaurant et autre pour les touristes, on ne peu pas dire que ce soit une ville très typique… Le soir, nous dînons au restaurant, avec notre guide qui nous donne les informations pour le lendemain. Car ce sera départ de très bonne heure ! Du coup, on s’arrête juste avec le groupe pour boire une bière en rentrant du resto, sous des trombes d’eau, et ensuite dodo pour tout le monde.

 

25/1 J5 : Le Machu Picchu !!!!

Départ aujourd’hui à 4h30 de l’hôtel pour rejoindre l’entrée du parc. Nous devons monter les quelques 1700 marches jusqu’à l’entrée du site. Disons une bonne heure, mais difficile d’avancer à son propre rythme, compte tenu du monde. En effet, c’est une longue ligne de lampe frontale que l’on a pu admirer le matin avant les marches lorsque nous avons traversé le pont. Du coup, comme les escaliers ne sont pas super larges, il faut adapter son rythme… Pas le meilleur pour moi, mais franchement, ça se fait bien. A l’entrée, on nous attribue un guide, que nous devrons suivre histoire d’avoir quelques informations, puis ayant choisi de prendre un billet m’offrant accès au Wayna Picchu, je dois quitter le groupe, avec les 2 Allemandes qui comme moi ont pris cette option. Et du coup au programme, encore des marches !!

Mais franchement, ça en vaut la chandelle, depuis la montée déjà on peut admirer la vue sur le site du Machu Picchu, et depuis le sommet, la vue est sensationnelle ! Un régal pour les yeux, car il faut bien l’avouer, difficile de se rendre compte de la taille du Machu Picchu, lorsque l’on y est, mais depuis le Wayna Picchu, j’imagine qu’il en est de même depuis la montagne du Machu Picchu, on a une vue phénoménale !! (ça y est, mes cours d’Espagnol avec ma prof Péruvienne agissent, je commence à utiliser tous leurs superlatif !! lol)

Une petite pause au sommet, histoire d’immortaliser le moment et aussi de recharger les batteries. Car ce matin, pas pris de petit déjeuner, ni même de réveil au mate de Coca… Ensuite, ben il est l’heure de redescendre si l’on veut visiter le Machu Picchu, car nous devons revenir à Hydroelécrtica pour 14h30, où un collectivo nous attend pour rentrer sur Cusco.

La visite du Machu Picchu est impressionnante, nous montons au point de vue classique, celui duquel lorsque l’on prends la photo sous un certain angle, on peut voir le profil d’un visage Inca, « la nariz del Inca » étant représentée par la montagne du Wayna Picchu.

Après nous être balader un peu partout, nous nous retrouvons avec les autres à 13h à la sortie du site, il nous faut encore descendre les marches, et refaire la marche le long des rails jusqu’à Hydroeléctrica pour 14h30… Et nous y serons.

Là, l’organisation n’est plus au top pour le retour, mais finalement on s’y retrouve, chacun trouve son collectivo, et c’est dispersé que nous rentrons à Cusco.

 

Le Machu Picchu fait partie des 7 merveilles du monde moderne, et je pense qu’il le mérite. Même si son histoire n’est pas encore clairement défini, il n’en est pas moins que les Incas ont fait là un travail fantastique ! Sans technologies, en communion avec la nature afin d’en optimiser les ressources, sans la surexploiter. Bravo a los Incas et viva la Pacha Mama !

 

Et maintenant, vous pouvez profiter des photos !!! Enjoy 😉

 

 

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